Présentation

Avec Lignes en friches, Antonin Katre investit la dernière salle de la galerie Chenus Longhi comme un espace de tension architecturale. À la croisée du graffiti, de la photographie, de la peinture et de l’installation, l’artiste prolonge son exploration des lieux abandonnés et des architectures industrielles à l'abandon. Pensée comme une salle forte, l’exposition donne toute sa puissance à une œuvre où la friche devient un espace projection mémorielle.

Depuis plus de trente ans, Katre développe une pratique nourrie par l’exploration urbaine. Usines abandonnées, bâtiments désertés, structures en suspens constituent la matière première de son travail. À partir de photographies en noir et blanc, l’artiste introduit lignes, couleurs, lettrages et gestes, faisant dialoguer la mémoire des lieux avec l’énergie du graffiti.

Le titre Lignes en friches condense cette approche. Les lignes sont celles des architectures photographiées — perspectives, structures métalliques, ouvertures, lignes de fuite — mais aussi celles du geste plastique : traits rapides, éclats colorés, mouvements projetés dans l’image. La peinture traverse alors la photographie, la met sous tension et révèle dans la fixité du lieu une énergie encore active.

L’exposition accorde une place importante à l’usine Babcock, vaste site industriel situé à La Courneuve, que Katre a longuement photographié et dont il conserve de nombreuses archives papier. Plans, documents techniques et images de friches deviennent des supports de travail à part entière. Marouflés et recomposés, ils ouvrent l’espace architectural à une lecture plus sensible. Avec Lignes en friches, Katre donne à voir une œuvre où l’abandon n’est jamais synonyme d’arrêt. La friche devient un territoire à réactiver, le plan une mémoire à déplacer, et la ligne un vecteur de mouvement entre architecture, image et peinture.

 

Exposition du 11 juin au 11 juillet 2026

Vernissage jeudi 11 juin à 18h30 

Galerie CHENUS LONGHI 

116, bd Richard Lenoir, Paris 11e