NASTY: L'Amour du risque
La galerie CHENUS LONGHI accueille pour la première fois l’artiste parisien Nasty. Figure historique du graffiti parisien, actif depuis la fin des années 1980, Nasty incarne un graffiti libre, spontané et illicite, indissociable du métro et de la ville. Son exposition L’Amour du risque réunit un ensemble d’œuvres inédites qui placent le graffiti et le dessin de la lettre au centre du propos.
Le co-directeur de la galerie Nicolas Chenus suit et soutient le travail de Nasty depuis les années 1990, à travers notamment toutes ses publications consacrées au graffiti. En 1994, il publie la toute première interview de l’artiste dans les pages de son fanzine Time Bomb, puis le travail de Nasty continuera de paraître dans Innercity (fondé par Nicolas en 2005) et ensuite dansGraffiti Art (fondé par Nicolas en 2008). En 2012, Nicolas Chenus assure le commissariat de l’exposition Made in the City, présentée dans une galerie parisienne, quelques mois avant l’ouverture de sa propre galerie (Galerie Openspace devenue aujourd’hui CHENUS LONGHI). L’exposition L’Amour du risque marque aujourd’hui une nouvelle étape dans ce parcours commun.
Chez Nasty, le graffiti est le sujet. Le métro en est le cœur. Voitures, portes, plaques de signalisation, plans de lignes : tout un vocabulaire issu de l’infrastructure parisienne traverse son œuvre. Le métro n’est pas un décor, mais un système vivant, un espace quotidien où le graffiti circule, roule et se diffuse. Paris apparaît dans son œuvre comme l’un des territoires historiques de cette culture.
L’exposition dévoile plusieurs séries inédites sur différents supports. On y retrouve la plaque de métro, comme élément central et symbolique, revisitée à l’occasion de l’exposition. La bombe aérosol, comme symbole par excellence d’une pratique, y occupe aussi une place importante, notamment à travers des inclusions où l’outil devient sujet et semble suspendu dans l’air et dans le temps. Figée, comme arrêtée en plein geste, elle rappelle l’instantanéité et la tension propres au graffiti.
Depuis près de quarante ans, Nasty peint sans se lasser. Maître de la couleur et du flow, il développe une esthétique singulière du graffiti, issue d’une synthèse entre les codes fondateurs du métro new-yorkais et sa propre recherche formelle. Entre passion et illégalité, Nasty est l’un des très rares artistes à avoir maintenu une pratique active, sans interruption depuis ses débuts, dans la rue, le métro et l’espace urbain comme en festivals. Sa visibilité n’a eu de cesse de croître avec une présence forte en galerie, en musées et lieux institutionnels. Alors que le mouvement de l’art urbain, fort de plus de soixante ans d’histoire, connaît aujourd’hui un processus d’institutionnalisation et voit ses figures pionnières intégrer les grandes collections publiques, Nasty s’impose comme l’un des acteurs majeurs et historiques de la scène française et une référence essentielle pour toute collection d’art urbain.
Vernissage jeudi 12 mars à 18h30
Galerie Chenus Longhi - 116, bd Richard Lenoir, Paris 11e

